Article 1

Article 1
Elle entra dans le bâtiment, tenant dans sa main le morceau de papier blanc si important à ses yeux. Elle soupira en découvrant l'immense queue qui se trouvait devant elle, et se plaça à la fin de la file en prenant son mal en patience. Elle regarda le rectangle de papier qu'elle tenait du bout des doigts en souriant. Voilà plus de deux semaines qu'elle épiait jour après jour sa boîte aux lettres en espérant y trouver cette simple feuille. A présent il suffisait d'attendre encore un tout petit peu.. Bientôt elle serait devant la guichetière et elle lui tendrait son chèque. Alors la femme l'encaisserait, et elle pourrait repartir.. Et en se dépêchant, elle pourrait encore passer chez le couturier. Elle pourrait enfin payer. Enfin réaliser son rêve...

Heather leva de nouveau les yeux vers les clients qui se trouvaient encore devant elle, puis regarda sa montre. La banque allait fermer dans une demi heure.. Et il restait encore une bonne quinzaine de personnes devant elle.

Une sorte d'angoisse s'empara d'elle, et elle se mit à taper nerveusement du pied. Ses habitudes de petites filles reprirent le dessus, et inconsciemment elle commença à ronger ses ongles.

Les minutes passaient, mais la file n'avançait pas.

Heather : Aïe!

Retirant précipitamment son doigt de ses dents, et constata une petite plaie qu'elle venait de s'ouvrir en s'arrachant un ongle, et quelques gouttes de sang qui sortaient tranquillement sans se soucier des picotements qu'elles causaient. Elle serra son index entre ses lèvres quelques instants afin d'empêcher le sang de couler d'avantage.

La file de clients avança légèrement, et elle suivit ce rythme lent pour s'arrêter de nouveau à peine un mètre plus loin.

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17h54. Dans exactement 6 minutes, la banque allait fermer.

Le conducteur regarda le jeune homme à sa droite. Celui-ci acquiesça en lui faisant signe de patienter encore.

Danny : Patience, ne gâche pas tout maintenant.
Dougie : Mais imagine qu'ils ferment avant l'heure ?
Harry : Il y a encore trop de monde pour qu'ils les mettent tous à la porte.
Danny : Préparez-vous.


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17h58.

Banquière: Mesdames et Messieurs, nous allons fermer. Repassez demain.

Heather se senti anéantie. Il ne restait que deux personnes devant elle, mais ça ne servait à rien d'insister. Tristement, elle rangea son petit morceau de papier dans son sac, et se dirigea vers la sortie la première.

A peine eut-elle posé la main sur la poignée que la porte s'ouvrit à la volée, et sans qu'elle puisse réagir ou faire le moindre mouvement, elle se retrouva emprisonnée par de puissants bras, serrée contre un torse musclé, une désagréable sensation gelée près de la tempe..

- Que personne ne bouge ! Ceci est un hold-up !!

Trois autres garçons vêtus de noir, une sorte de masque occultant leur visage, entrèrent à leur tour, une arme dans une main, un grand sac dans l'autre.

- Si quelqu'un bouge, elle est morte ! Vite, l'argent !!

Heather retint sa respiration, elle se sentait impuissante face à ce revolver qui ne se décollait pas de sa tête. Elle ferma les yeux aussi fort qu'elle pu, et respirant rapidement, comprit que sa dernière heure se jouait en ces instants.. Que le moindre faux mouvement lui volerait quelque chose qu'elle ne retrouverait plus jamais : la vie.. Elle comprit que quoi qu'il arrive aujourd'hui, plus rien ne serait jamais pareil...

L'arme contre son front, elle réalisa en ces instants combien la vie peut être courte.. Et sous ses paupières fermées, elle vit défiler tout ce qu'elle avait vécu.. Tout ce qui, à son goût, n'avait été qu'effleuré.. Tous ces instants à peine savourés, ces moments qui ne s'étaient pas encore produits.. Cette vie qui risquait de prendre fin sans avoir réellement encore commencé...

# Posté le mercredi 30 avril 2008 14:57

Modifié le jeudi 01 mai 2008 14:50

Article 2

Article 2
La pauvre banquière, affolée, se hâta de remplir les sacs comme on le lui demandait. Mais à part elle, personne ne bougeait, et tout le monde avait les yeux rivés sur les reflets des armes qui menaçaient continuellement.

Heather gardait les yeux fermés, essayant de calmer sa respiration, comme si le fait de respirer un peu trop fort pouvait avoir une influence sur le déclenchement de la balle. Elle sentit une larme brûler au coin de ses yeux, une petite larme qu'elle n'avait même pas senti venir, et qui commençait à glisser lentement sur sa joue pâle, glaciale comme la pointe d'un couteau.

Ses mains étaient crispées autour de son petit sac, et son c½ur, compressé au point qu'il risquait l'implosion, peinait à supporter le moment critique qu'elle vivait.

- C'est bon on y va les gars !

Elle ouvrit soudain les yeux, cette phrase lui ayant fait l'effet d'un seau d'eau glacé sur la tête l'extirpant d'un terrifiant cauchemar. Alors ça y est, c'était fini ? Elle était encore vivante, et tout allait rentrer dans l'ordre ? Alors pourquoi se sentait-elle toujours aussi prisonnière de ce corps puissant qui la tenait encore ?

Elle fut obligée de remuer ses pieds paralysés pour s'adapter aux déplacements de son agresseur qui se dirigeait vers la porte. Il tenait toujours son arme pointée sur son front innocent, et semblait décidé à l'y laisser là tant qu'ils ne seraient pas hors de tout danger.

- Putain de merde les flics !!!

Les 4 braqueurs se retirèrent vivement de la porte, et ceux qui avaient les mains libres s'empressèrent de fermer rideaux et verrous.

Le bras qui l'entourait se resserra d'avantage, et pendant quelques secondes ses poumons manquèrent d'oxygène.

- Qui a prévenu les flics ?! Qui ?! Dites-le ou j'la butte !!

Heather regarda autour d'elle, implorante. Personne se voulait parler. Ne pouvant plus retenir un faible gémissement, elle inclina la tête en sentant l'arme s'appuyer d'avantage contre sa tempe.

Ses lèvres tremblaient, et ses prunelles sombres distinguaient mal les formes autour d'elle, inondées par d'abondantes larmes amères.

- Calme-moi dude ! On a encore besoin d'elle. ( se tournant vers la banquière) Par où y'at-il une issue de secours ?
Banquière : Il n'y en a pas monsieur.. Je.. C'est une très petite banque.. et.. Et on n'a que l'entrée principale.. Je le jure !
- Et merde !


Déjà les sirènes retentissaient au dehors.
Les braqueurs semblèrent pris de cours, et pourtant ils gardèrent leur air dominant et ne laissèrent pas entrevoir la panique qui les envahissait.

Soudain, le téléphone sonna. Tous les regards se tournèrent aussitôt vers cet objet posé sur le bureau, émettant le signal d'un appel.

L'un des garçons leva son arme en direction de la banquière.

- Décroche !

Celle-ci s'exécuta, attrapant le téléphone d'une main tremblante et le portant à son oreille.

Banquière : A...Allo ? Oui... Oui c'est bien ça... 4...
- Qu'est-ce qu'ils disent ?!


La pauvre femme écarta le combiné de son visage et regarda les yeux sévères du garçon.

Banquière : Ils.. ils demandent combien vous êtes, et combien il y a encore de clients...
- Bien.
Banquière, reprenant le téléphone : Il reste 3 clients. Et moi-même. Oui monsieur..


Elle regarda avec peur la jeune homme masqué.

Banquière : Ils.. Ils veulent vous parler...

Le garçon s'approcha et prit le téléphone. Mais au lieu de répondre à la demande, il raccrocha. A peine deux secondes plus tard, l'objet se mit à sonner de nouveau.

- Que personne ne décroche !

L'homme qui tenait fermement Heather la fit avancer vers la fenêtre, et écartant avec précaution les rideaux clos, examina ce qui se passait au dehors.

- Il y a 4 voitures de flics. Et une ambulance arrive. Pour l'instant ils restent près de leur voiture.

Il revint ensuite vers le centre de la pièce, et d'un geste agacé, jeta la pauvre hottage à terre.

Heather heurta douloureusement le carrelage mais n'osa se plaindre. Tremblante, elle hésita un instant à se relever, son regard sombre observant tour à tour chaque arme chargée. Elle parvint à s'asseoir, et rampa vers le mur le plus proche, où elle ramena ses jambes contre sa poitrine et laissa enfin les sanglots la secouer.

Son portable se mit à sonner. A peine avait-il commencé que déjà les 4 revolver la pointaient.

- Qu'est-ce que c'est que ça ?!
Heather : C'est.. C'est mon portable..
- Lance-le jusqu'ici !


Elle s'exécuta, et dû retenir un cri en voyant son portable être lancé avec force contre un mur, retombant au sol en plusieurs morceaux.

- Si quelqu'un d'autre a un portable, éteignez-le ! Immédiatement !

La petite bonne femme sorti de son sac un vieux téléphone, et, de ses doigts noueux, appuya lentement sur les boutons afin de l'éteindre. L'autre hottage était un jeune homme d'environ 28 ans. Il regarda, téméraire, ses agresseurs, mais ne bougea pas.

- T'as pas de portable toi ?
Jeune homme : Non.
- Fouille-le.


L'un des garçons s'avança vers lui. Mais le jeune homme recula en se relevant d'un bond. Rapide, il sortit de sa poche un petit canif qu'il pointa en direction de son adversaire. Ce dernier leva son arme et continua d'avancer. Mais le jeune homme ne se laissa pas faire.

Heather regardait la scène en retenant son souffle. Tout cela n'avait aucun sens. Que faisait-elle ici ? Qu'allait-elle devenir ? Ces deux hommes qui se menaçaient, à quelques mètres d'elle, chacun une arme à la main. Ils se méfiaient tous deux l'un de l'autre, et pourtant la distance qui les séparait diminuait d'instant en instant.

Sans savoir ce qu'elle faisait, elle se leva soudainement en se précipita vers les deux combattants.

Heather : Arrêtez !!

Le jeune homme profita de ce moment d'inattention pour donner un coup de couteau à son adversaire en plein ventre.

Heather arriva à leur hauteur en ce même instants, les mains tendues pour les séparer. Mais un coup de feu résonna, lui arrachant un cri douloureux..

# Posté le jeudi 01 mai 2008 13:59

Modifié le samedi 03 mai 2008 06:42

Article 3

Article 3
Heather s'immobilisa, comme si un mur géant s'était soudainement dressé devant elle. Ses yeux sombres virent avec douleur le couteau tomber au sol. Et juste après, l'homme qui le tenait s'effondrer à son tour. Tout était silencieux, comme si elle regardait un film et que le metteur en scène avait décidé de couper le son. Seuls les battements de son c½ur résonnaient à ses oreilles, mais même eux semblaient lointains, de plus en plus lointains, jusqu'à se perdre dans l'obscurité de la réalité.. Alors, tout revint brutalement. La vie sembla reprendre son cours, les sirènes des policiers crièrent dans ses oreilles, et son sang se remit à circuler dans tout son corps.

Finissant sa course initiée à peine plus tôt, elle se précipita aux côté du jeune homme, et d'un geste ben maitrisé, lui retira immédiatement son T-shirt.

L'agresseur le plus proche tenta en vain de la relever du corps inerte, mais ce ne fut que le cliquetis de l'arme encore fumante qui la convaincue de ne plus bouger.

Elle regarda alors les yeux perçants de celui qui la menaçait, celui qui portait encore au bout de son revolver le souvenir d'un crime impardonnable.

Heather : Il est blessé ! Et je fais des études d'infirmière ! Il le faut le soigner d'urgence ! Il y a une ambulance dehors, je vous en prie, laissez-moi l'aider, ou faites-le sortir d'ici !
- C'est trop tard, il est mort.


Heather regarda le corps inanimé qui gisait à ses côtés. Son ventre ne se soulevait plus, ses lèvres perdaient leur couleur à vue d'½il. Non, elle ne voulait pas y croire.. Il était mort sous ses yeux, à un mètre d'elle.. Une seconde de plus et elle aurait pu le sauver. Une seconde.. Une ridicule seconde.

Elle admit enfin la crue vérité, et son faible corps fut repris de sanglots qu'elle ne se donna pas la peine de contrôler. Ces hommes avaient tué de sang froid ce jeune inconscient..
Ils n'étaient plus que 3 hottages.. Elle ne sortirait pas vivante de là. On ne peut pas ressortir vivant d'une telle soirée.. Même si on nous laisse sortir, on est à jamais hanté par cette peur, cette peur de ce qu'on a vécu, de ce qu'on a vu. De ces armes, de ces hommes vêtus de noir, de cette mort. On peut rester vivant physiquement, mais pas mentalement.

Elle sentit l'un des hommes la soulever et la déposer à côté de la vieille dame qui la prit dans ses bras affectueusement. Peu à peu, la douleur et la fatigue eurent raison d'elle, et elle finit par s'endormir dans ses bras âgés qui eux ne lui voulaient aucun mal..

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- Allez debout !

Heather se réveilla avec une terrible douleur à la joue.

- C'est pas trop tôt !
- Haz arrête !


Heather regarda autour d'elle, et pendant quelques instants, elle sembla ne pas réaliser ce qui se passait autour d'elle. Puis, ses prunelles s'embuèrent d'un voile de déception, comprenant sans doute que tout ceci était bien réel.

- T'as dit que t'étais infirmière, non ?
Heather : Je.. Je non ! C'est ma première année dans une fac de médecine, je-
- Ca fera l'affaire ! Allez lève-toi ! L'autre abruti a blessé mon ami avec son couteau et ça s'infecte ! Allez bouge-toi !
- Haz laisse-la !


Le dénommé « Haz » semblait sourd aux ordres de son ami et attrapa la jeune fille par le bras, la précipitant vers le soi-disant blessé.
Il sorti alors de nouveau son arme, le pointant sans scrupules entre ses deux jolis yeux apeurés.

- J'te surveille. Tu fais le moindre faux geste et tu pourras dire adieu à ta minable vie !
- HAZ ! J'men occupe !


Les deux garçons se dévisagèrent un instant, puis le plus menaçant des deux fini par ranger son arme après une longue hésitation . Celui qui semblait en effet avoir besoin d'un bon désinfectant attendit que son ami s'éloigne un peu puis regarda la jeune fille.

Contrairement à Haz, il avait un regard bien plus doux. On sentait la domination dans ces yeux bleu azur, et on pouvait sentir à son expression qu'il n'était pas moins dangereux pour autant qu'il soit moins brute.

- Ecoute. Je te propose un marché. Tu me soignes, correctement. Et en échange, je te promet qu'aucun mal ne te sera fait, sauf si on n'a pas d'autre choix.
Heather : Est-ce que le faite de me faire empoigner avec force et me lancer à droite et à gauche comme une sac de poubelle rentre dans les conditions ?!
- Je ne pense pas que tu sois en bonne position pour plaisanter.
Heather : On risque tous notre vie. Et la votre dépend de la notre. Alors je pense que j'ai autant le droit de rire de cette situation que vous.


Il agrippa son arme d'un geste impatient et la positionna juste en face de la jeune fille. Son regard s'était assombri, et on ne décelait pus aucune pointe de douceur dans ces deux yeux obscurs.

Heather retint son souffle de nouveau, dévisageant l'arme qui était prête à être utilisée sans aucun regret.
Elle regardait fixement le petit rond par lequel devait sortir la balle.. c'était tout sombre. Sombre comme la mort. Incertain.. Et dangereux.. Un si petit trou qui peut causer tant de dégâts.. En moins d'une seconde. Vous hotter toute une vie. Et plus encore.

- Tu ne nous est pas indispensable. Je ne te reposerai la question qu'une seule fois. Acceptes-tu, oui ou non ?

# Posté le samedi 03 mai 2008 09:50

Modifié le mercredi 07 mai 2008 07:37

Article 4

Article 4
Elle ouvrit son sac et en sortit une petite trousse de premiers secours qu'elle ouvrit sous l'½il vigilant de son agresseur.

Heather : Retrousse ta manche.

Il s'exécuta, sans pour autant lâcher l'arme derrière laquelle il se réfugiait à chaque instant.

Heather examina la plaie, qui avait adopté une vilaine couleur rouge là où la peau semblait gonflée. Tout autour, une répugnante teinte jaunissante se répondait, indiquant le début d'une infection.

Heather : Ca va piquer.

Elle ouvrit la bouteille de désinfectant et déposa quelques goutes de produit sur un mouchoir propre qui vira immédiatement au marron. Sans faire de manières, elle l'appliqua sur la plaie d'un geste sec, et appuya un bon moment.

Le garçon frémit au contact douloureux du désinfectant, et serra d'avantage ses doigts autour de la gâchette.

- Tu pouvais pas y mettre un peu plus de douceur ?!

Heather le regarda en haussant un sourcil. Ca se prétend un homme imposant et ça pleurniche pour 2 gouttes d'alcool sur une plaie ?

Heather : Pardon.

Elle retira un peu de pression, et se mit à essuyer les dégâts de la blessure en passant le mouchoir humide sur la coupure.

Heather : Ce n'est pas très profond et ça devrait se soigner en quelques jours. Mais tu devrais quand même allez voir un médecin et faire une prise de sang au plus vite. Attention ça va piquer à nouveau.

Elle prit un nouveau mouchoir et recommença les mêmes manipulations, avec un peu plus de « douceur » cette fois-ci. Pour terminer, elle improvisa un bandage autour de son bras blessé, puis rangea tout son petit matériel.

- Merci.

Elle ne se donna pas la peine de le regarder. Il n'avait pas à la remercier, elle n'avait pas fait ça de plein gré, elle n'avait juste pas vraiment eut d'autres choix. Alors inutile de la remercier.

Elle s'apprêtait à retourner auprès des autres hottages quand il la rappela.

- Attend. C'est quoi ton nom ?

Elle se retourna pour mieux l'observer. C'était quoi cette question ?!

Heather : Heather.
- Appelle-moi Danny.
Heather : J'ai pas besoin de t'appeler, de quelque manière que ce soit.
Danny : Quel âge as-tu, Heather ?
Heather : 19 ans.
Danny: Tu es jeune.. Et courageuse. Mais fait attention quand même.
Heather : Attention à quoi ?!


Heather ouvrit les bras comme pour désigner tout ce qui l'entourait. Ce soi-disant conseil avait déclenché en elle une fureur qu'elle retenait avec peine depuis le début de ce braquage. Ses joues s'empourprèrent sous l'effet de la chaleur, et tout son corps s'emporta, brûlant du désir de parler à c½ur ouvert, d'exprimer ce que jusqu'à présent elle n'avait osé s'avouer, même à elle-même.

Heather : Regarde ! A quoi veux-tu que je fasse attention?! Vous être 4 ! Vous avez tous une arme qui nous surveille en permanence ! Si je fais un pas de trop, vous me descendez ! Une parole de travers, et je subis le même sort ! Alors faire attention à quoi ?! C'est pas une question de bien se tenir, j'ai autant de chances de mourir d'un geste prémédité que d'une maladresse imprévue ! Ca se joue au pile ou face, je ne contrôle rien, ma vie dépend de votre humeur, de vos nerfs, de vos idées ! Je n'ai rien à voir avec ce qui m'attend ! Et tu sais quoi ?! Je m'en fou !! Parce que si par miracle je sors de là, j'oserai plus jamais sortir de chez moi ! Et alors à quoi ça me servira de vivre si c'est pour être hantée jusqu'au dernier de mes soupirs ? Autant mourir ici et que tout soit fini ! Il te suffit d'appuyer sur cette putain de gâchette ! Et en quelques instants, tout aura disparu, je n'aurai plus à souffrir inutilement !

Elle s'avança vers lui, le défiant. Les trois autres garçons accoururent vers elle, mais Danny leur fit signe de la laisser faire.

Heather : Tu sais quoi ?! Pour vous c'est peut-être qu'un jeu tout ça. Entrer dans une banque, voler tout l'argent des gens, foutre en l'air tous leurs efforts d'économies, de travail dur pour assembler un peu d'argent.. Et oh mince un petit imprévu, la police est là ! Et bah tant pis on va prendre des hottages et foutre en l'air leur vie ! Après tout qu'est-ce qu'en en a à faire d'eux ?! J'ai 19 ans. Oui, je suis jeune ! J'ai travaillé comme une dingue toute ma putain de vie pour réaliser mes rêves. J'ai dû me priver de tout ce qui me tentait pour mettre un peu d'argent de côté. J'ai dû faire plein de sacrifices pour arriver quelque part. Et depuis à peine un mois, j'ai enfin pu commencer à gouter au bonheur dont je m'étais privée pendant 18 ans. Demain je devais me marier. J'avais trouvé un mari extraordinaire. Et ce soir je devais aller acheter cette magnifique robe que j'admire depuis plus de deux ans à chaque fois que je passe devant la boutique. Et aujourd'hui enfin j'avais réuni assez d'argent. Centime par centime, aujourd'hui je possédais la somme nécessaire.. Tu vois, aujourd'hui j'allais vraiment commencer à vivre ma vie. Mais toi, toi et tes « amis », vous avez tout foutu en l'air ! J'en ai rien à foute de crever. Vous m'avez tout volé ! Mon argent, mes nuits de sommeil, mon mariage, ma vie.. Je m'en fou de sortir vivante de là ou pas, j'ai plus rien de toute façon.. J'ai tout à refaire, mais je n'en ai pas le courage. Mais après tout qu'est-ce que vous vous en foutez ! Y'a que votre cul qui compte ! Vous êtes des putains d'enfoirés !

Les larmes ruisselant sur ces joues enflammées, elle laissait ses lèvres débiter tout ce qu'elle avait sur le c½ur, et ses petits points fragiles frappaient sans grande conviction le buste de Danny. Ses épaules tremblaient et ses gestes se perdaient, ses yeux fermés ne voyaient même plus ce qu'ils essayaient d'atteindre. Elle avait mal, dans tout son corps, dans chacun de ses sanglots. Sa tête tournait, son c½ur frappait. Ses membres faiblissaient, et les frissons qui la parcouraient redoublaient à chacune de ses insultes à peine murmurées.

Danny rangea son arme et attrapa les minces poignets de la jeune fille. Avec douceur, il lui releva la tête et lui essuya quelques larmes, qui, comme l'hydre de Lerne, renaissait aussitôt plus abondantes encore. Il passa alors ses puissants bras autour de son petit corps fragile et la garda contre lui le temps qu'elle se calme, la laissant déverser contre son torse toutes les peurs et douleurs qui avaient trouvé une sortie à travers ses magnifiques yeux foncés.

Il fallu quelques minutes à Heather pour évacuer ses émotions, puis elle sécha ses dernières larmes sans se retirer de cette étreinte sécurisante. Elle était consciente de se trouver dans les bras de l'ennemi, mais cette enlaçade dégageait une chaleur humaine qui lui donnait quelques forces, et malgré la menace qui la rôdait, elle se sentait protégée au centre du danger. Elle se surpris même à apprécier le parfum de son agresseur, ressemblant agréablement à celui qu'utilisait l'homme qu'elle devait épouser.

Elle se décida enfin à relever son visage mouillé vers celui masqué de Danny, et plongea ses yeux embués dans les sublimes perles bleus du garçon, cherchant à y décela une explication qu'elle ne trouva pas.

Heather : Pourquoi tu fais ça...
Danny : Je ne suis pas qu'un déguisement noir qui trouve son gagne-pain dans les efforts des autres, contrairement à ce que tu pourrais croire. Je suis avant tout quelqu'un, quelqu'un qui n'a pas non plus eut une vie facile, et qui garde un c½ur bien enfoui quelque part.


Il s'approcha de son oreille, et l'échine de Heather fut parcourue d'un agréable frisson quand elle sentit le souffle du garçons parcourir son cou ardent.

Danny, dans un faible murmure : C'est normal d'avoir peur... Moi aussi je suis mort de trouille de ce qui va arriver...

# Posté le dimanche 04 mai 2008 09:44

Modifié le samedi 10 mai 2008 14:10

Suite?

Peut-être y aura-t-il y suite un jour, peut-être n'y en aura-t-il jamais..
En attendant, j'essaie de novueau, ailleurs, autrement.

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# Posté le samedi 28 juin 2008 05:16